Grossesses multiples : les faits et plus

Le monde a été stupéfié lorsqu'on a révélé tous les détails entourant la grossesse de Nadya Suleman qui s'est terminée par la naissance d'octuplés. Cette nouvelle est devenue l'un des sujets les plus populaires dans les conversations courantes. Le médecin de la clinique de fertilité qui a implanté six embryons dans l'utérus de Mme Suleman n'a pas semblé suivre les guides de pratique clinique relatifs aux traitements de fertilité qui sont établis par l'American Society of Reproductive Medicine.

Au Canada, la Société canadienne de fertilité et d'andrologie (SCFA) et la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) se sont réunies pour mettre au point des guides de pratique clinique conjoints de la SCFA-SOGC portant sur le nombre d'embryons à transérer après une FIV (fécondation in vitro). En général, le nombre d'embryons que l'on recommande de transférer par cycle dépend d'un certain nombre de facteurs, l'âge de la patiente étant l'un de ceux-ci.

Les interventions de FIV et les autres traitements de fertilité sont associés à une plus forte proportion de grossesses multiples que les grossesses spontanées. En 2001, 1645 accouchements ont été le résultat de FIV et d'interventions connues sous le terme d'« injection intracytoplasmique du spermatozoïde » (IICS), et 31,5 % d'entre eux ont donné lieu à des naissances multiples.

On a également bien documenté les complications associées aux grossesses multiples. Par exemple, plus de 50 % des jumeaux et 90 % des triplés naissent avant terme (avant 37 semaines) et possèdent un faible poids à la naissance, entre autres complications possibles. Comparativement aux naissances simples, les jumeaux naissent en moyenne trois semaines plus tôt et les triplés six semaines plus tôt. Il importe également de se rappeler que les grossesses multiples peuvent faire courir des risques de complications sérieuses à la mère.

Le chef de la médecine maternelle et fœtale de l'hôpital Sunnybrook de Toronto, le Dr Jon Barrett, a écrit dans un article récent du Globe and Mail qu'il y a eu une augmentation de 300 % de l'incidence des jumeaux et des triplés au cours des 10 dernières années, principalement à cause des médicaments de fertilité. Le coût émotionnel rattaché aux grossesses multiples est également élevé.

Les parents souffrent en même temps que leurs enfants alors que ceux-ci sont confrontés à un nombre accrû de malformations congénitales, de défis associés au développement cognifif tout comme à plus d'hospitalisations et d'interventions chirurgicales au cours de l'enfance. Le fardeau imposant que représente pour les familles la multiplication des tâches en tant que parent, la fatigue extrême et les soins familiaux constants au cours de la journée constituent une conséquence non publicisée des grossesses. Même les familles les plus fortes ressentent l'implacabilité du stress et de la pression qui peuvent se traduire ultimement par des tensions dans le couple et d'importantes difficultés financières.

Le gouvernement de l'Ontario a cessé de financer la FIV à la fin des années 80 et certains considèrent cet événement comme l'agent initiateur de l'accélération du nombre de naissances vivantes dans cette province. Chaque cycle de FIV leur coûtant 10 000 $ et ne recevant aucune financière du gouvernement, les couples désirent obtenir le résultat maximum pour leur argent et ils savent que les transferts doubles d'embryons procurent des taux de naissances vivantes plus élevés que les transferts simples d'embryons.

Il est possible qu'on trouve une solution au dilemne des grossesses multiples. Une étude récente a démontré que le TÉES (transfert électif d'embryon simple) était, dans les faits, préféré par les patients lorsqu'ils n'étaient pas soumis à des pressions financières et que ces patients choisissaient alors cette intervention.

L'Ontario n'est pas seule à avoir pris cette position sur la question du financement public des traitements de fertilité. Se penchant sur le besoin de financement public pour la FIV, les guides de pratique clinique conjoints de la SGOC-SCFA indiquent que le financement de la FIV réduirait le nombre d'embryons transférés. Cette réduction diminuerait les coûts pour le système de santé en réduisant le nombre des grossesses multiples et des complications qui leur sont associées.

Un spécialiste de la fertilité peut vous aider à comprendre l'ensemble des faits relatifs aux grossesses multiples et à comprendre comment ils s'appliquent à votre situation. La clinique de fertilité de votre secteur répondra avec plaisir à toutes vos questions.  

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