La pièce manquante

Les médicaments interféron (Avonex®, Betaseron®, et Rebif®) peuvent tous trois déclencher la production d'anticorps neutralisants (ACN). Le terme scientifique pour ce phénomène est l' « immunogénicité ». Mais ces trois médicaments ne seraient pas également immunogéniques. C'est-à-dire que pour chaque type d'interféron, les chances de favoriser le développement d'ACN sont différentes. Les différentes immunogénicités de ces trois interférons sont devenues une différence-clé entre ces trois traitements contre la SP.

Dans des études antérieures, des ACN se sont développés chez 28 à 43 % des personnes traitées au Betaseron®, comparativement à 12 à 25 % de celles qui prenaient du Rebif®. Les ACN produits contre le Betaseron® semblaient disparaître avec le temps, mais on ne sait pas si c'est le cas avec le Rebif®. Moins de 7 % des personnes traitées à l'Avonex® ont produit des ACN. Autrement dit, le Betaseron® est l'interféron le plus immunogénique, suivi du Rebif®, et enfin, de l'Avonex®.

Jusqu'ici, il n'existe pas de moyen garanti pour empêcher la production d'ACN. Selon certains experts, il vaudrait mieux commencer le traitement avec l'interféron le moins immunogénique, de manière à réduire avant tout les chances de développement d'ACN. Le mode d'administration peut également avoir son importance, car le développement d'ACN peut être moindre si le médicament est administré par injections intramusculaires. Une autre approche visant à prévenir la formation d'ACN consiste à administrer des corticostéroïdes par voie intraveineuse, bien qu'il ne soit pas recommandable d'avoir régulièrement recours à cette méthode sans raison valable.

Actuellement, on ne pratique pas de tests de routine pour détecter la présence d'ACN. Les médecins peuvent faire effectuer ces analyses lorsque le traitement ne produit pas son effet. Pourtant, les experts ne sont pas certains de la suite à donner à un résultat positif. Ainsi, en présence d'ACN, une option consiste à cesser le traitement à l'interféron, à attendre que ces anticorps disparaissent, et ensuite à commencer un nouveau traitement avec un autre interféron moins immunogénique. En effet, comme il peut y avoir des réactions croisées entre les ACN, il n'est peut-être pas recommandable de changer d'interféron sans laisser s'écouler un certain délai. Une autre possibilité serait d'augmenter la dose d'interféron, mais cette mesure pourrait entraîner une complication sérieuse connue sous le nom de maladie des complexes immuns (dans laquelle des agrégats anticorps-interféron restent fixés dans les reins, les poumons, la peau et les articulations). Enfin, cesser entièrement le traitement à l'interféron pourrait constituer une solution.

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