Où commence la dépendance?

Nous sommes nombreux à prendre part à des activités que l'on associe souvent à des comportements de dépendance ou des comportements compulsifs, des activités telles que boire ou jouer. Mais nous n'en sommes pas tous dépendants. Qu'est-ce qui caractérise un comportement de dépendance? Où commence-t-il?

Les formes de dépendance sont nombreuses. Drogues illicites, médicaments délivrés sur ordonnance, alcool et inhalants sont tous des substances dont des personnes abusent couramment. Le jeu, les relations sexuelles et le magasinage sont souvent associés à des comportements compulsifs ou à problèmes.

Pour se faire une idée plus claire de ce à quoi ressemblent les dépendances et des moyens qui existent pour les traiter, nous avons interrogé deux experts en la matière : Wende Wood du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CTSM), hôpital de référence au Canada dans le domaine de l'éducation en matière de santé mentale et de toxicomanie, et Sam Waldner, représentant des Samuel Waldner Counselling and Addiction Services, praticien privé qui propose des programmes en douze étapes (dont les Alcooliques anonymes sont un exemple célèbre).

Wood dit que l'on reconnaît un comportement de dépendance au fait qu'il affecte la vie de la personne, à un point tel que toute son énergie et son attention sont consacrées à la poursuite de ce comportement. Cela s'explique, ajoute-t-elle, par le fait que certaines activités (comme boire ou jouer) stimulent une « voie vers la récompense » dans le cerveau. En conséquence, le cerveau veut poursuivre cette activité, malgré les conséquences négatives auxquelles la personne concernée est confrontée. Le désir de « récompense » devient plus fort que l'incidence négative et c'est ainsi que le comportement se poursuit. Par exemple, une personne dépendante au jeu peut continuer à essayer d'entrer dans un casino après y avoir été interdite d'accès ou encore se faire rembourser son assurance-vie de façon à pouvoir continuer de jouer.

Waldner décrit la dépendance comme le fait d'être impliqué de façon continue dans un comportement répété à l'origine d'un certain type de conséquences négatives. Cela s'applique aussi à une personne qui continue à suivre une activité malgré ses effets nuisibles; par exemple, une personne qui n'arrête pas de fumer même si elle connaît les risques pour sa santé auxquels elle s'expose.

Waldner explique que les principales caractéristiques de la dépendance sont doubles : une perte de contrôle (le comportement de la personne devient imprévisible, comme dans le cas où la personne continue à boire malgré le fait qu'elle ait juré d'arrêter) et un fort sentiment de déni. Nier sa dépendance est un facteur puissant qui pousse la personne à ne rien changer à ses habitudes, du fait qu'elle croit dur comme fer qu'il n'y a pas de réel problème et que la prochaine fois, le même comportement produira des résultats différents. « C'est presque comme si la personne souffrait d'une sorte d'amnésie », ajoute Waldner.

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